Sarkozy, dealer de sécurité - par Romain Pigenel

août 18th, 2010 par paris

Brice Hortefeux est content : l’expulsion de masse des Roms a commencé. A grands frais (avions, prime de retour) on les renvoie vers la Bulgarie ou la Roumanie ; et pourtant, citoyens européens, ils pourront ensuite revenir en toute légalité en France, peut-être même plus nombreux. Absurde rocher de Sisyphe que le gouvernement sera donc conduit à repousser une fois de plus, dans un futur proche, en haut de la colline. Cette mécanique de mouvement perpétuel n’est pas limitée à la « question des gens du voyage », comme on dit à l’Élysée. On la voit aussi à l’œuvre dans le déploiement et redéploiement des forces de police, qui par d’habiles tours de passe-passe arrivent à progresser dans certaines zones sous le feu des médias, tout en voyant leur nombre globalement régresser, en dépit des discours. Et que dire des déclarations triomphantes sur la progression du taux d’élucidation des affaires par la police, quand à l’autre bout de la chaîne un système carcéral et judiciaire à bout de souffle, et financièrement exsangue, s’avère incapable de faire purger leurs peines à tous les délinquants ?

A lire sur le blog de Romain Pigenel

Darfour - Quand la Cour pénale internationale défie la communauté internationale - par Mahor Chiche

juillet 29th, 2010 par paris

Depuis le procès de Nuremberg, la justice internationale moderne se construit à petits pas, accordant une place prépondérante à la notion de droits de la personne et de droit d’ingérence. Cambodge, Sierra Léone, Bosnie, Rwanda, autant de lieux de conflits modernes qui ont encouragé l’émergence d’une justice internationale indépendante des États-nations.

La création de la Cour pénale internationale (CPI), première juridiction pénale internationale permanente, est venue parachever cette construction du droit pénal international; la Cour a pour fondement juridique le statut de Rome, signé le 17 juillet 1998 par 120 États, et entré en vigueur le 1er juillet 2002, après sa ratification par 60 États. La CPI «peut exercer sa compétence à l’égard des personnes pour les crimes les plus graves ayant une portée internationale»

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L’UMP ou la parole sinistrée - par Romain Pigenel

juillet 29th, 2010 par paris

En 2005, Nicolas Sarkozy entame sa marche victorieuse vers l’Elysée par un mot qui fera date, le « Kärcher » ; en 2010, le plus emblématique de ses porte-parole, Frédéric Lefebvre, compare les accusations de la presse contre les époux Woerth à un « viol collectif ». Difficile de ne pas voir dans ces deux expressions un saisissant résumé de ce qu’est le sarkozysme, une droite de la parole, à tous les sens du terme ; une droite qui parle plus qu’elle n’agit, en particulier dans le domaine de la sécurité, comme on le voit un peu plus chaque jour ; une droite qui instrumentalise la parole comme instrument de pouvoir, la tordant s’il le faut jusqu’à l’absurde.

Lire la suite sur le blog de Romain Pigenel

En direct du Conseil régional d’Ile-de-France

juin 22nd, 2010 par paris

Moins de deux mois après son élection, le Conseil Régional est à pied d’œuvre pour traduire en actes les engagements pris pendant la campagne électorale. Sa séance des 17 et 18 juin en a été l’illustration.

Lisez la suite sur le blog de Christine Frey

Assemblée Générale de l’Espoir à Gauche - Ile-de-France

juin 9th, 2010 par paris

Assemblée Générale de l’Espoir à Gauche - Ile-de-France


Jeudi 10 juin 2010 de 19h00 à 22h00



à l’Hôtel de Région, 35 Boulevard des Invalides - 75007 Paris

Salle Paul Delouvrier

(métro Saint François Xavier ou Sèvres Babylone)

en présence de David Assouline, Julien Dray, Vincent Peillon


Le thème sera la rénovation du PS, thème de la prochaine convention nationale du PS qui aura lieu le 3 juillet.

Nous débattrons des propositions faites par notre collectif lors du Bureau National qui s’est tenu le 1er juin, propositions concernant notamment l’organisation de primaires ouvertes, le cumul des mandats et l’organisation d’un congrès de projet avant les primaires.

!!! Pour des raisons pratiques, nous devons donner la liste des participants au service de sécurité, merci, si vous ne l’avez pas fait, de confirmer votre présence à monique.leblanc@noos.fr


Se munir d’une pièce d’identité

Amitiés socialistes,

Pour l’équipe d’animation EAG Ile-de-France

David Assouline, Marc Pierre Mancel

Synthèse de l’atelier EAG n°4 : “Les primaires”

juin 7th, 2010 par paris

Synthèse de notre atelier sur les primaires animé par Romain Pigenel et Christine Frey


Primaires : quelles pistes pour résoudre les objections soulevées

par le rapport Ferrand/Montebourg ?




INTRODUCTION


C’est une idée qui remonte à 2006 - 2007, dans le sillage de Ségolène ROYAL, dans le but d’institutionnaliser et d’ouvrir au maximum les candidatures à l’Election présidentielle de 2012.


Les objectifs :

  • élargir la base du corps électoral qui désignera le ou la candidat(e) de 100 000 à 1 million de personnes.

    - ouvrir cette désignation à l’ensemble de la Gauche en fixant les conditions suivantes :

    • le début des primaires aurait lieu dans le courant de l’été 2011 (consensus global au sein de la direction à l’exception de F. Hollande et M. Valls qui souhaiteraient commencer le processus dès le printemps)

    • une première phase de pré-qualification serait organisée avant l’été 2011 au cas où se présenteraient plus de 5 candidats.

    • Pour être candidat, il faut réunir les signatures de 5% du Conseil National



Six grands problèmes se profilent :


  1. CALENDRIER de la PRIMAIRE


Il faut discerner 3 inconnues.


    1. Le nombre de tours

Un nombre réduit de tours rend difficile l’émergence de nouveaux candidats, non issus du « sérail ».


    1. La durée du processus


Faut-il un nombre réduit de tours répartis sur un temps long ou un nombre plus important de tours répartis sur une courte période ? La primaire aura t - elle un effet sur l’opinion ?

Un processus long ouvre les possibilités de débat et facilite l’émergence de nouveaux candidats. Un processus court réduit la capacité des candidats à faire basculer l’opinion en leur faveur.


    1. La date des primaires


Une primaire trop tardive laissera peu de temps pour la préparation de la campagne, la réconciliation des participants - candidat(e)s à la Primaire, la greffe du candidat désigné sur le parti.

Quel espace reste-t-il au candidat pour exister après une dizaine de conventions ?

Inversement, si la primaire est précoce, le ou la candidat(e) risque d’être usé par le temps.


  1. PARTICIPANTS A LA PRIMAIRE


    1. Quels sont les Partis qui peuvent concourir ?


Peut - on accepter la participation de partis jugés « indésirables » par certains ? Quel est le périmètre de la primaire sur l’échiquier politique (de l’extrême gauche jusqu’aux progressistes, donc aux centristes) ?


    1. D’autres organisations peuvent-elles participer ?


Pourquoi pas une ouverture aux Syndicats ? Les accueille t-on formellement ? Ont - ils le droit d’avoir un candidat ?

Comment les attire-t - on ? Le 1er Tour de la présidentielle sert - il de primaire ?

Doit - on leur assurer des postes (celui de porte - parole , par exemple) ?

Faut - il être membre du PS ou non ? d’un parti organisateur ou non ?

Si le candidat est une personnalité non membre d’une organisation, a-t-elle le droit de concourir sur son nom propre ?

  1. L’ORGANISATION


Se pose la question de la transparence des résultats et celle du financement.

D’où viennent les assesseurs ? Prend - on un assesseur par parti de gauche ?

Doit-on fixer un plafond de dépenses pour chaque candidat ? ou favorise t - on des candidats déjà dotés de moyens financiers ? Le parti du candidat doit-il rembourser une partie des frais de campagne ?


  1. L’ATTRACTIVITE

Comment éveiller l’intérêt des citoyens et les inciter à participer si le nombre de partis en lice est réduit ? Une primaire libérale et ouverte permettra d’attirer les électeurs plus facilement.


  1. LE RAPPORT ENTRE LA PRIMAIRE et le TRAVAIL DU PS


Quel rapport entre le fruit des conventions (10 environ) et les propositions du candidat ?


  1. LE RAPPORT ENTRE LA PRIMAIRE ET LE CONGRES DU PS


Comment la primaire s’articule-t-elle avec le Congrès de Novembre 2011 ?

Un Congrès précédent la primaire peut changer totalement la nature de celle-ci en la verrouillant. Mais un Congrès suivant la primaire est-il uniquement destiné à avaliser le résultat de la primaire ? Comment éviter le conflit de légitimité entre le candidat (s’il est membre du PS) et le Premier secrétaire ?

Les axes du débat


Points d’accord et propositions

Les primaires ne seront utiles que si elles peuvent réellement transformer le PS, le pousser à dépasser ses pratiques traditionnelles, l’amener à s’ouvrir sur la société et à travailler avec d’autres organisations (partis, syndicats, associations…). Elles ne seront un atout que si elles sont organisées dans la transparence et la clarté dans l’organisation et dans le programme.

Par ailleurs, le candidat choisi devra être en adéquation à la fois avec la situation du pays en 2012 et avec les aspirations des Français


Propositions :

  • élaborer un programme et permettre aux autres organisations et aux Français de déposer des amendements.

  • Elaborer un retro-planning pour structurer l’organisation des primaires, et établir un calendrier.


Points de désaccord


  1. L’opportunité d’une primaire pour le rassemblement à gauche :


Pour certains, la primaire permettra peut-être de désigner un candidat unique de toute la gauche et un rassemblement avant le 1er tour de l’élection présidentielle, ce qui donnera aux forces de progrès une dynamique comparable à celle qui a porté Barack Obama au pouvoir.


Pour d’autres, ce rassemblement dès le 1er tour n’est pas une garantie de victoire (échec en 1974 du programme commun, mais victoire en 1981). Les primaires ne sont pas une panacée (les premières n’ont fait que plébisciter le seul candidat en lice pour la gauche : Prodi ; elles n’ont pas permis la victoire systématique de la gauche italienne).

D’autre part, est rappelé l’avantage que représente pour les petits partis le fait d’avoir leur propre candidat à la présidentielle (financement) : quel intérêt pour eux de venir faire de la figuration dans une primaire ?


  1. L’élaboration du programme et son adéquation avec les propositions des candidats


Certains pensent que le rassemblement de la gauche ne peut se faire que sur des bases programmatiques : ces accords programmatiques entre les différents partis devront avoir lieu avant la primaire. Ensuite, la pression de l’opinion peut empêcher la prolifération des candidats issus de tous les partis, pour éviter la division.

Si le processus de Rassemblement adopté par EAG est une bonne idée, il faut toutefois prendre garde à ce qu’il ne se réduise pas à des accords d’appareil.

Nous devons parler de « rassemblement » des forces de gauche (s’inspirer du concept du « compagnon de route » élaboré par le PS dans les années 70) que d’ « ouverture » vers les autres forces de gauche, qui suppose une prééminence du PS.

Il faut absolument éviter un affrontement stérile entre des candidats qui auraient chacun leur programme : pour cela, des marqueurs idéologiques forts doivent être définis, sur lesquels chaque candidat se déterminera.


D’autres avancent que les candidats ne doivent pas être prisonniers d’un programme : la primaire doit permettre de libérer la parole, de soumettre aux Français des propositions innovantes.


  1. Le candidat désigné doit-il être un chef de parti ?


Certains rappellent que les Français ont toujours élu un chef de parti dans l’histoire de la Vè république, et qu’un candidat non membre d’un parti n’est pas crédible.


D’autres mettent en avant le rejet actuel des partis traditionnels par les Français pour insister sur la nécessité d’innover, par exemple en permettant l’émergence d’un candidat non-issus des élites politiques traditionnelles, ou en proposant directement un ticket Président/Premier ministre.


D’autres enfin, se plaçant dans l’optique d’une primaire pour désigner le seul candidat PS, pointent le fait qu’il risque d’y avoir conflit entre le chef du parti et le candidat : ils suggèrent alors d’instaurer la règle suivante : le candidat au poste de premier secrétaire devra s’engager à ne pas être candidat à la primaire.


  1. L’articulation entre le Congrès du PS et les primaires.


Certains militent pour que le Congrès précède les primaires : un Congrès détermine des orientations de fond qui structureront le programme ; s’il suit les primaires, il perd tout son sens.


D’autres pensent que le Congrès doit avoir lieu après les primaires : celles-ci doivent être l’occasion de dégager des propositions et des candidats innovants, de faire sortir le PS de ses logiques traditionnelles. Un Congrès qui précède les primaires risquerait de préempter leur résultat. Le congrès qui suit la primaire serait un congrès de ratification de rassemblement. Le candidat incarnerait un projet, et un tel processus permettrait au parti d’être enfin en adéquation avec la présidentialisation des institutions, et de pouvoir ainsi accéder au pouvoir.


Enfin, dans la perspective d’un Congrès servant à désigner le seul candidats PS, d’autres avancent la proposition suivante : le Congrès pourrait fusionner avec les primaires : chaque premier signataire de motion serait également candidat à la candidature pour les présidentielles, et sa motion fournirait une base pour le programme du parti. La majorité qui se dégagerait du vote sur les motions permettrait d’amender ce programme et de désigner le futur candidat du parti.

Synthèse de l’atelier EAG n°3 : “La rénovation du Parti socialiste”

juin 3rd, 2010 par paris

LES ATELIERS DE L’ESPOIR A GAUCHE PARIS

En vue de la convention nationale du PS

sur la rénovation

Sessions février – avril 2010

PROPOSITIONS
Pour la rénovation du Parti socialiste :

approfondir les axes de la consultation militante du 1er octobre 2009

1- Pour un parti attractif : de nouvelles règles de fonctionnement

a) Formation et production d’intelligence collective

L’accent doit être mis sur la production d’une matrice idéologique nouvelle. C’est en effet l’offre politique qui conditionne la façon de s’organiser. Une offre politique mal définie disparaît derrière la bataille des egos provoquant la fuite les militants.

Actuellement, on assiste à une véritable bunkérisation de la production d’idées : la circulation des idées est victime d’une structure pyramidale « top down » du parti : dans les procédures mises en place, rien n’est fait pour favoriser la participation militante :

- la réflexion interne n’est pas bien menée : exemple des prochaines conventions nationales dont le calendrier est intenable, inadapté à la prise en compte des amendements éventuels des militants.

- la Coopol se veut un lieu créatif d’échanges. Elle fonctionne en réalité en circuit fermé.
Il n’existe pas de capacité d’amendement d’un texte faute de canaux dans le système d’échanges pour une remontée collective.

- le projet est défini par un petit cabinet d’experts, désignés dans la plus parfaite opacité. Dès lors pèse la menace d’une externalisation de la réflexion, confiée à des think tank, eux-mêmes soumis à des intérêts privés, qui peuvent nuire à leur indépendance, et, de fait, influer sur les bases idéologiques du parti.

Cette volonté d’externalisation de la conception du projet socialiste est la preuve de l’échec de la construction d’un « intellectuel collectif ». L’expérience avortée du Laboratoire des idées en est une autre.

D’autre part, la question de la production d’idées recoupe celle de la formation des militants, depuis longtemps délaissée par le parti. Il n’y a pas que les stages, les entretiens, les publications de la fondation Jean Jaurès qui peuvent développer la formation des militants. Dans le parti, c’est une forme sournoise d’exclusion, exclusion de la parole, exclusion de la décision, qui mène à l’absentéisme et peut-être au départ.

Inversement, les dispositifs de démocratie participative qu’on peut y mettre en œuvre augmentent les compétences de chacun et mobilisent les militants pour des causes qu’ils se sont appropriées et qu’ils sont préparés à argumenter.

Désir d’avenir a mis en place des formations sur plusieurs thématiques : les modes de militantisme sur internet, via Facebook, les blogs, les newsletters, les techniques de démocratie participative dans la conception d’un projet, etc.

Nos propositions :

- se placer dans le cadre d’un collectif pour porter nos idées et se placer dans un rapport de force vis-à-vis des autres forces politiques. Celui qui ne « joue pas collectif » contribue à diluer le message du parti.

- améliorer la transparence des outils et des processus :

o L’élaboration du projet devra suivre une procédure claire.

o Une méthode d’amendement d’un texte via la Coopol pourra être proposée.

o Les amendements et contributions devront être traités par un système transparent, comportant des feedbacks de la part des « experts ». Tout « blocage » dans les remontées devra être justifié.

- Développer la démocratie participative dans le processus d’élaboration du projet, notamment via internet.

- Mettre l’accent sur la formation, qui est le premier bénéfice que peuvent retirer les militants d’un parti :

o La formation qui serait dispensée par le parti pourrait faire l’objet d’une certification.
Ne pourrait-on mettre en place des formations co-habilitées par le PS dans certaines universités (cf. l’exemple de formations mises en place par le Parti socialiste espagnol) ?

o Utiliser la démocratie participative comme outil de formation.

Le progrès dans la compétence et dans l’engagement de chacun s’accomplit à la faveur des échanges entre pairs, des pairs qui ne sont pas semblables, dont l’expertise varie en fonction de multiples paramètres comme l‘expérience, l’éducation, l’âge, la position qu’ils occupent dans le parti… Si tous les adhérents, ne disposent pas des moyens de se comporter en militants actifs et imaginatifs, de s’exprimer librement en écoutant aussi la parole dissonante de l’autre, comment le parti produirait-il cet intellectuel collectif dont nous avons besoin ; un intellectuel collectif qui réfléchisse sur la société réelle. L’’exercice de la démocratie participative à l’intérieur du parti peut fournir le moyen de nourrir cet intellectuel collectif d’aliments authentiques en prise avec la société réelle.

b) Fonctionnement du parti et modes de militantisme

- Le militantisme recouvre une variété de formes dans l’espace (ville et campagne, centre-ville et banlieues) et dans le temps (formes traditionnelles comme l’affiche et le tract et formes nouvelles qui commencent à se développer, comme les réseaux sociaux, la démocratie participative).

Le PS semble prisonnier de modes de militantisme anciens (tracts, réunions de section préparés par des militants chevronnés qui savent) reléguant les adhérents au rang de sous-militants. Or ces formes ne sont pas adaptées à une rénovation de la réflexion.

- L’ensemble des sympathisants et/ou adhérents socialistes, par leurs talents et leur variété, représentent une base de compétences, mais bien mal identifiée. Le parti se prive ainsi d’une mine d’expertise et d’action.

- Malaise ou frustration proviennent souvent du fonctionnement actuel des AG de section.
Une AG classique n’a souvent rien d’attrayant mais cela varie d’une section à l’autre. Certains dénoncent un déroulement verrouillé, sans réelle possibilité d’expression. D’autres peuvent témoigner d’ambiance chaleureuse et de débats constructifs dans les AG de section.

- Au peu d’attractivité de l’AG s’ajoute la difficulté de l’organisation en courants. Les clivages apparus au moment du congrès de Reims se traduisent dans certains arrondissements par l’éclatement du groupe et la désertification des AG.

A travers le décryptage de ces modes de fonctionnement est mise en exergue la question de l’ouverture du parti. Des liens sont à créer avec les associations et les syndicats, impliqués en permanence dans des combats sociaux spécifiques (moins perturbés par les enjeux politiques de pouvoir). Le PS doit prendre conscience de la nécessité d’un travail de terrain, au contact des citoyens.

Nos propositions :

- Mettre en place une véritable « politique de ressources humaines » dans le parti, afin de repérer les talents et d’utiliser toutes les ressources dont les militants sont porteurs.

- Développer des modes de militantisme adaptés à l’époque actuelle : un militantisme « à la carte », qui correspond aux disponibilités, aux envies de chacun, et dont le cadre n’est plus forcément la section. Internet peut en être l’un des pivots, mais d’autres formes restent à inventer.

- Proposer des modes de militantisme adaptés aux compétences de chacun.

2- Vers un parti de masse : ouverture et renouvellement du personnel politique

a) Parti ou mouvement ?

Le parti et ses militants restent la colonne vertébrale de l’organisation qui représente force et acquis. La continuité du parti est assurée grâce à cette force militante traditionnelle.

Le « parti » garantit des formes démocratiques de fonctionnement (inscrites dans la constitution) alors qu’il est prouvé que plus on va vers le « mouvement » plus il existe d’arbitraire et de formes tacites de censure.

Il est vrai cependant que la forme « partidaire » est remise en cause depuis quelques années : le PS connaît une certaine désaffection de la part des militants, comme de celle des citoyens, et particulièrement en France, dont les partis ne comptent que quelques centaines de milliers d’adhérents, à la différence de leurs homologues allemands ou anglais. Ses récents succès aux dernières régionales ne doivent pas masquer le niveau de l’abstention et le score élevé du Front National.

Si la crise de la représentation politique et la faiblesse des effectifs partisans sont une réalité, certaines observations peuvent nuancer ces tendances :

- la culture du « parti de masse » ne fait cependant pas partie de la tradition française : les partis ont toujours fait figure « d’avant-garde éclairée », dont les militants souhaitaient comprendre, débattre et participer à l’élaboration du projet. En cela, la campagne d’Obama est un contre-exemple : les millions de militants qui y ont participé n’ont fait que porter des idées élaborées par le staff du candidat en fonction des sondages.

- La dépolitisation des citoyens et la démobilisation des militants touchent toutes les formes d’organisation (associations et syndicats compris) et sont des phénomènes durables.

Nos propositions :

- l’objectif de faire du PS un parti de masse, ouvert aux catégories populaires doit être réaffirmé, mais envisagé sur une période assez longue.

- Il faut concentrer nos efforts de court terme sur l’accueil des nouveaux adhérents : leur proposer une formation, mais aussi l’opportunité de prendre des responsabilités rapidement, tout en acceptant qu’ils ne représentent pas un investissement à long terme (dans 1 an, ils auront peut être quitté le parti). Il s’agit également de veiller à ce que les militants dont l’itinéraire n’est pas classique puissent grimper dans la hiérarchie sans être bloqués.

b) La distinction sympathisants - adhérents - militants

Devant l’ambition de former un parti de masse (grâce à des cotisations faibles), on peut considérer qu’une distinction entre les sympathisants et les adhérents n’a pas vraiment de sens. Il n’en demeure pas moins que l’adhésion est un acte signé qui permet d’identifier l’adhérent, alors que les sympathisants, même s’ils sont des adhérents en puissance, ne sont pas identifiés.

Si c’est bien la cotisation qui fait l’adhérent, il existe plusieurs types d’adhérents. La distinction entre adhérents et militants est-elle pertinente ? Le coût de la cotisation n’est à cet égard pas déterminant. Le militant se définit par la forme de son militantisme. Ce n’est pas simplement celui qui entre dans le moule du parti.

Notre proposition : constituer un fichier de sympathisants identifiés, ce qui facilitera la définition du collège électoral des primaires. Ce fichier existe au niveau local dans certaines sections comme le 11è arrondissement à Paris).

c) Les fluctuations numériques du parti en fonction de l’enjeu

En réalité le nombre des adhérents fluctue  en fonction des moments électoraux et de la lisibilité de l’enjeu.
Si l’enjeu perçu est fort (Ségolène Royal / Sarkozy aux présidentielles 2007), l’adhésion identifiée à un combat de société est spontanée. Dans le cas contraire, les citoyens ne voient aucun intérêt à adhérer, ni même à aller voter (exemple des élections européennes et régionales).

La première condition de l’adhésion, ce sont les idées qui sous-tendent l’offre politique. Dès lors qu’un enjeu se dessine, apparaît l’opportunité de l’adhésion.

Pourtant, il y a un rapport entre l’adhésion et l’utilité du parti en réponse à des questions concrètes.
La question est donc de rallier ceux qui sont venus à un moment donné. Qu’apporte donc le parti aux personnes qui adhèrent, en dehors des vagues d’enthousiasme ? Quel est l’intérêt de rester dans le parti si l’enjeu politique n’y apparaît pas en construction permanente ? Il manque une formation adaptée et continue.

Nos propositions :

- Se concentrer sur le traitement de questions concrètes et d’actualité, dont les aspirants-militants verraient l’enjeu : l’Europe face à la crise, la réforme des retraites, etc.

- Aborder la question des alliances du point de vue des électeurs, et non des appareils : cela recoupe la question de l’attractivité du parti. Qu’est ce qui peut motiver un électeur jadis du Modem, aujourd’hui d’Europe Ecologie à revenir ou venir vers le PS ?

d) Le statut de l’élu

Il existe plusieurs statuts et de nombreuses dispositions définissant les droits des élus.
On trouve sur le site de l’association des maires de France une véritable bible en la matière : le « Statut de l’élu local ». Ces dispositions toutefois ne confèrent pas de véritable statut aux élus hormis une minorité (sénateurs, députés) alors qu’il y a environ 80 000 élus locaux en France.

Les chiffres indiquent clairement une sous-représentation parmi eux des femmes, des Français venus de l’immigration, des employés, des ouvriers et des jeunes de moins de 28 ans.

On constate par ailleurs la faiblesse des indemnités au regard des heures de travail et des responsabilités (exemple : 1300 euros pour un maire adjoint du 20ème). Cela engendre le cumul des mandats dans l’espace et dans le temps, et même la corruption.

La création d’un statut de l’élu semble indispensable : sans statut, l’élu doit conserver une activité professionnelle, ce qui lui laisse peu de temps pour sa mission élective et diminue son efficacité, ce qui affaiblit la crédibilité de la mission politique aux yeux du citoyen et cela contribuera à créer de l’abstention.

Cependant, plusieurs problèmes demeurent :

- il n’existe pas d’accord sur l’élaboration d’un tel statut au PS, ce qui explique qu’il n’ait jamais déposé de proposition de loi.

- Il est difficile de discuter du statut de l’élu à l’Assemblée nationale. Ne faudrait-il pas élargir la question du statut à tous ceux qui ont une fonction représentative (parents d’élèves, associations, syndicats) dans la mesure où le problème est plus global ? Cela permettrait de déposer un projet de loi au parlement.

- Il faut rendre acceptable l’idée d’un statut à nos concitoyens, car cette question du statut de l’élu peut paraître comme une provocation à tous ceux (électeurs) qui vivent la précarité et le chômage.

- Le statut de l’élu ne peut pas être déconnecté de l’évolution du rôle des institutions, c’est à dire de la décentralisation.

- Indemnités et implication de l’élu : il y a un décalage entre les indemnités de l’élu et ses missions. Quand la mairie de Paris augmente les indemnités des conseillers de Paris, les employés élus qui font un travail important dans les mêmes locaux ne le sont pas ! Ce qui pose un problème d’équité. Par ailleurs, se pose le problème du responsable politique qui est moins rémunéré que les collaborateurs de son cabinet. Quelle est alors la crédibilité de l’élu vis-à-vis de l’attente des électeurs ?

- Cumul des mandats et renouvellement du personnel politique : les parlementaires sont les plus grands cumulards. Le non-cumul des mandats ne peut donc être promu que par la base.

- Le Parti aurait dû d’abord légiférer plutôt que de mettre en pratique le non-cumul dans le parti.
Ce principe doit évoluer en loi, d’autant plus que le cumul est pratiqué par (presque) tous les élus de tous bords.

Nos propositions :

- Pour mémoire, voici les préconisations présentées dans la contribution « Combattre et proposer » en préparation du Congrès de Reims (non repris dans la motion) :

o Le mandat unique des parlementaires, avec un vrai statut des autres élus.

o Le rattachement de la Cour des comptes au Parlement, pour y mettre sa capacité d’évaluation des politiques publiques.

o La constitution par les commissions parlementaires de forums citoyens pour évaluer l’impact des politiques publiques.

o La démocratisation du mode de scrutin du Sénat et la modernisation de son fonctionnement (avec, pourquoi pas, l’idée ancienne d’une intégration du Conseil économique et social).

o La création d’un référendum d’initiative populaire.

- nos propositions actuelles : la bataille doit se mener dans le parti, et avec toutes les forces associatives et syndicales qui rencontrent les mêmes blocages :

o permettre à chacun d’être élu pour accroître la connexion entre militants et citoyens

o instaurer le droit de vote et d’éligibilité des étrangers aux élections locales

o transformer le mode de scrutin (proportionnelle)

o revaloriser les indemnités des élus locaux (tenir compte des frais induits comme par exemple les frais de garde)

o valider les acquis de l’expérience professionnelle et renforcer le poids des acquis lors de concours

o poser la question des institutions menacées par la nouvelle phase de décentralisation (thème de la 6ème République).

o militer pour une 6è République : mandat parlementaire unique pour les députés, changement de nature du Sénat qui représentera les collectivités territoriales (voir propositions du Rassemblement le 16 janvier 2010 à la Bellevilloise).

o promouvoir un conseil national des élus paritaire, représentatif, qui fasse des propositions de lois organiques sur le statut des élus.

o approfondir la démocratie participative, en la distinguant de la démocratie de proximité. Les moyens numériques qui transforment le rapport, et à l’espace et au temps font justice de cet argument, refuge des partisans les plus tièdes de la démocratie participative, comme il est apparu lors de l’élaboration de la loi de 2002, lorsque craignant de voir partager le pouvoir de décision des élus, le texte final a préféré parler de « démocratie de proximité » plutôt que de démocratie participative. On sait ce que ce cela a donné : des conseils de quartiers confinés dans les concertations sans aucun poids sur la décision municipale finale.

L’autre élément qui plaide en faveur de l’extension du champ de la démocratie participative, c’est l’élévation du niveau moyen d’éducation de la population. Toutes les sociétés deviennent au XXIème siècle des sociétés informationnelles où augmente donc constamment la compétence de jurys citoyens tirés au sort ou de conférences de consensus constituées en panels de la société réelle. Notre conviction est que seule la démocratie participative, peut dans la culture du XXIème siècle, réanimer la démocratie représentative et par là, sauver la démocratie en la refondant.

Intervention de Claude Waret à la Convention nationale sur le Nouveau modèle de développement

juin 2nd, 2010 par paris

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Intervention de Monique Saliou à la Convention Nationale sur le Nouveau modèle de développement

juin 2nd, 2010 par paris

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Les ateliers de l’EAG Paris, acte IV : les primaires

avril 8th, 2010 par paris

!!! Attention changement date et lieu !!!

Suite au dernier atelier sur la rénovation du PS, nous sommes heureux de vous inviter à venir poursuivre la réflexion dans le cadre des ateliers que EAG Paris a mis en place en vue des conventions nationales du PS du 29 mai et de juin.

Le prochain atelier sur le thème “Primaires : quelles pistes pour résoudre les objections soulevées par le rapport Ferrand/Montebourg ?” aura lieu :


Mercredi 21 avril de 19h30 à 22h30

au local de section du PS 12ème

150 avenue Daumesnil - 75012 Paris (métro Daumesnil)


… et sera animé par Romain Pigenel, Christine Frey, Pascal Lombardo et Merché Zuniga


!!! Inscription obligatoire (places limitées) : espoiragauche75@gmail.com

PROGRAMME DE l’ATELIER EAG PARIS N°4


1)   Le rôle du PS dans les primaires


- Quel rôle pour le Premier secrétaire ?

- Comment éviter un conflit de légitimité entre le candidat retenu  et le premier secrétaire ?

- Quelles différences de statut entre les militants, les sympathisants, les votants ?

- Y a-t-il compatibilité entre le système des courants et celui des primaires ?

- Que devient le projet politique du PS dans le processus des primaires ?


2) Définir le périmètre et le processus des primaires


- Quel cadre et quelles modalités d’organisation ? Qui peut se présenter ? Qui peut voter ?

- Critères de désignation des candidats (parrainages, soutiens) ?

- Constitution des listes d’électeurs

- Déroulement et calendrier du vote (où, quand et comment ? vote par Internet ?)

- Mise en place d’un processus de rassemblement de tous les partis progressistes et syndicats incluant toutes les formes d’associations intellectuelles et citoyennes.


3) Comment créer les conditions de la réconciliation au sein du PS, du rassemblement des gauches, des démocrates et des progressistes ?


4) Que deviendrait cette machine à organiser la présidentielle en cas de défaite à cette élection ?